« Tout enfant est en quelque façon un génie, et tout génie un enfant. » [Arthur Schopenhauer]
C'est facile de parler sur un blog... on peut écrire n'importe quoi, on a toujours l'impression d'écrire pour soi, alors qu'en fait, quiconque peut tout lire.
Aujourd'hui, j'ai envie de parler.
Alors je ne vais pas me parler, je le fais assez souvent la nuit, je vais vous parler. Je vais vous remercier. On ne le fait pas assez souvent. Je voudrais remercier tout le monde : toi, vous, celle qui vous décroche un sourire en vous croisant dans la rue, les enfants qui crient en jouant à colin-maillard, le vent qui fait des vagues sur le canal, toi encore, vous toujours ...
Merci, c'est un mot, cinq lettres, pas grand chose si on y réfléchit, mais ça a un peu perdu son vrai sens. J'ai l'impression qu'on l'utilise bien mais pas toujours comme il faut, plus comme une obligation que comme une reconnaissance. Quand on est petit note mère nous dit « dis merci à mamie ! » ou « tu n'aurais pas oublié quelque chose ? » - et cela parce qu'on a oublié de prononcer ce mot quand on nous a passé le sel... c'est amusant comme c'est bête.
Et jamais on ne dit merci à ceux qu'on aime. Merci d'être là, merci de vous téléphoner le soir pour vous raconter sa journée, merci de vous tenir compagnie quelques heures un après-midi, merci pour des moments passés ensemble.
Merci pour un sourire
Merci pour rien
Et puis je me dis en écrivant cela, que des fois ça ne sert à rien de remercier, un regard suffit à comprendre l'autre, un regard croisé, à peine une seconde, des yeux qui se remercient, sans mots.
Les mots sont les outils de ceux qui ne sont pas persuadé des sentiments de celui qu'il a en face de lui – un besoin de se rassurer – une envie d'être entendu
Et puis des fois, les mots rassurent
Et puis des fois les mots réchauffent
Et des fois, on veut plus que des mots
Et les mots parfois ne suffisent plus ... alors rien ne va plus ... le jeu est joué ... on a perdu.
La vie n'est qu'un immense jeu, on nous a lancé sur une immense marelle : attention à l'Enfer ... vers le Ciel.
Et parfois cette marelle ne suffit plus, alors on joue à d'autres jeux, plus difficiles ... et on gagne ou on perd ...
Lorsqu'on a perdu la partie, on n'a plus personne à remercier
Lorsqu'on a perdu, on s'assoit près de l'eau et on la regarde couler, et on l'écoute, et on réfléchit à un nouveau jeu ...
La vie est un jeu où on doit s'apprêter à perdre souvent.
Ici-bas,on n'a rien à gagner, et pourtant rien n'est pire que de perdre !
Et avant de m'égarer, j'aurais dû vous remercier, et puis te remercier, encore.
Merci, c'est un mot, cinq lettres, pas grand chose si on y réfléchit
[ Florestan a gagné contre Eusebius aujourd'hui ]